Le réveil sonne.
Tu tends la main hors du lit, la ramènes glacée
Sous la couette où tu t'attardes à rêver.

Tu te lèves, déjeunes dans l'aube grise ;
Tu t'habilles, maillot, chandail, tricot,
Pantalon chaud, bottes fourrées,
Manteau, châle, bonnet, mitaines.

Tu sors, le soleil point.
Tu ouvres ta voiture,
Tu te glisses dans ce palais des glaces,
Froid et obscur comme la mort.
Le moteur tousse, râle mais démarre.

Tu recules lentement, à l'aveugle, hors de l'ombre, de la nuit,
Vers le chemin, le matin, le soleil.
Sa lumière traversant, blanc vitrail, le givre des fenêtres,
Devient nacre, opaline, diamant.

Tu sors, raclette en main.
Tu fais jaillir des tornades de neige impalpable,
En traçant ton chemin sur les glaciers intacts.
Tu dessines sillons, volutes, roses,
Et le nom de l'Ami qui habite ton cœur.

Le ciel est d'un bleu vif, pur, un ciel d'été,
Le soleil habille de perles les herbes du chemin.
Ton haleine souffle un tourbillon dense
Et la joie dans ton cœur pousse un cri de triomphe.

21/01/2017