Texte de l'atelier d'écriture, le sujet et le costume étant imposés.

Vêtue de ma robe orange bien empesée, tombant jusqu'aux pieds, je dois manœuvrer pour passer la porte. A l'huissier qui me demande mon nom, je réponds : « Mandarine Clément » et c'est sous cet alias que je rentre dans la salle de réception illuminée a giorno et remplie de gens costumés.

Sur mes petites chaussures noires, je trottine vers le buffet où trône une pyramide d'oranges. Des laquais grand siècle, de petits marquis, des fées, des princesses me frôlent, me côtoient, me bousculent. Un serveur me propose un verre. « Curaçao, pour moi, s'il vous plaît ». La liqueur sucrée, au goût d'orange, me ravit le palais, je desserre un peu le foulard vert qui, sur le côté de mon costume, pose une pointe, comme une feuille.

L'orchestre, un quatuor de musiciens vêtus en animaux de la ferme, vache, cochon, chien, coq, attaque une valse.

J'ouvre le bal aux bras d'un sapin de noël que je laisse en plan après qu'il m'eût demandé de vérifier si ses boules étaient bien accrochées. Je fais quelques tours de piste avec un paquet cadeau qui essaie de m'emballer en me priant de le déballer dans un coin sombre. Je danse un menuet avec un homme sandwich aux crudités (ses propos aussi z'étaient crus et ses paroles z'osées) ; une samba endiablée avec un diablotin ; un galop effréné avec un grand cheval qui ronge son frein et je finis la soirée avec un père noël gourmand qui me propose de m'éplucher sans me faire de quartier. Il ne sait pas, le pauvre, qu'il risque d'avoir des pépins !

16/12/2016